Claude, Femme peintre de l'Oise
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Les intemporelles
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technique mixte d'après photo de Lucien Clergue
80x60 cm mai 2011

Reproduction interdite sans autorisation.
Texte de : Camille Moellmann (Pampelune) http://lespoetes.net

 

Amoureuses

Les respirations légères des êtres reposant,

Soulèvent le drap vaporeux d'un demi-jour.

La clameur extérieure comme entrée par effraction,

Pénètre d'indécence notre chambre moite.

Nue, paupières ouvertes, sur le dos, je l'écoute, la sens.

Je m'y expose sans être découverte.

Nous avons fait l'amour cet après-midi. Je le sais,

Car à travers les regards voyeurs des persiennes,

Les jeux, la danse clair-obscure, des ombres lumineuses

Lèchent et tapissent nos reliefs offerts.

 

Je ne touche, ni ne frôle ton corps; parallèle à lui.

Couchée à ta droite, telle une extension de toi.

 

Mon buste répond et parle à tes reins, déposant

Un contact imaginaire dessus tes fesses : « Bonjour. ».

 

Pourtant, ni mots, ni murmures. Cet instant ne se dérange pas.

Nous sommes privilégiées, intemporelles; LES intemporelles.

 

Au bleu magnifique, à la couleur des murs, nos secondes et leurs fractions,

Sont épinglées. Aussi notre nuit artificielle finissante. Soit.

L'envie d'une caresse me monte à la gorge. Sang

S'exprimer. Et cette sensation te voit, couverte.

Le plafond même, supporte à mes yeux ton reflet profane, tracé de versets.

Je saisis le fantôme, l'idée de toi, la récite. Partout tu es mienne.

L'impression laissée à la langue est un peu vineuse.

Je la goûte à nouveau dans la mémoire; et les fers

 

Délicieux des étreintes éreintantes. Dors mon ange pur, luit.

Fait de moi plus que je ne suis : ce « nous » révélé à toi.

 

Ta position au sommeil préserve le mystère. Etale son repas,

Devant ma bouche, affamée du baiser d'éveil : il était une fois, Elles.